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MONSIEUR MADIEYNA DIOUF

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre d'Etat,

Le Sénégal et les amis du Sénégal nous écoutent avec attention. L'Afrique nous  attend  avec  circonspection.  Notre  Institution,  l'Assemblée  Nationale est interpellée dans ses missions, dans ses fondements, dans son honneur. Elle  est  aussi  interpellée  pour  ce  qui  concerne  la  sauvegarde   de  son indépendance  vis-à-vis  de l'exécutif,  pour ce qui concerne  la sauvegarde de son indépendance  vis-à-vis du judiciaire. Monsieur  le Président, je dois tout de suite préciser  que notre groupe  est à l'aise  dans  ce dossier  pour avoir interpellé  moi-même  ici le Ministre  de l'Economie  et des  Finances, Monsieur Abdoulaye DIOP le 25 Octobre 2004 sur le dossier des chantiers de Thiès, sur leur état d'exécution  technique  et financière, sur la situation des règlements  des entreprises  parce  que la polémique  faisait  déjà rage sur les chiffres. 20 milliards  par ci, 25 milliards  par là, 55 milliards  par là­ bas. Nous  l'avons  donc  interpellé  ici pour  connaître  la  vérité.  Avant  cela Maître BABOU avait déposé une question orale qui n'a jamais été d'ailleurs étudiée. Nous  sommes  encore à l'aise parce que Monsieur  ldrissa  SECK lui-même  et ceux  qu'on  appelle  ses amis  ont affirmé  vouloir  que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Et enfin, l'opinion  sénégalaise  exige que la  lumière  éclate  sur  l'utilisation  des  fonds  alloués  à  la  réalisation  des chantiers de Thiès, en plus  de l'obligation de lutter contre l'impunité. Mais, Monsieur  le Président,  s'il est vrai que nous  voulons  que la vérité sur les chantiers de Thiès soit établie, nous voulons aussi qu'elle soit établie avec évidence,   qu'elle soit établie de    manière indiscutable   pour   tous   les sénégalais.  C'est  une  question  de principe,  de dignité, nous  n'avons  pas été catalogué ami de ldrissa SECK, cela nous donne encore plus de poids aujourd'hui pour  réclamer  que le dossier  soit traité avec  équité  et justice. Monsieur le Président  nous sommes tenus par une affaire très grave, tant par la personnalité des mis en cause, il s'agit d'un ancien Premier Ministre qui a occupé  des fonctions  extrêmement  importantes  dans  ce pays, qui a été, je dois le rappeler  toujours, un des acteurs principaux  de l'alternance avec nous- même. J'ai été avec Abdoulaye BATHILY, plénipotentiaire avec Madior  DIOUF et  ldrissa  SECK, de Moustapha  NIASSE  et de Abdoulaye WADE. Je voudrais  me souvenir  de ces grands  instants  que nous avons vécus   ensemble avec   ldrissa  SECK  même  si  par  la  suite,  d'ailleurs certains ici se plaisent à me rappeler que c'est peut-être ldrissa SECK qui a été la cause du départ de Moustapha NIASSE    et des autres du gouvernement.  Peut-être, soit, mais je leur  réponds toujours que   je voudrais me souvenir de ce qu'ldrissa  SECK et nous avons  fait ensemble. Je voudrais me souvenir de ce que trois jours avant  le dimanche  19 Mars, il m'a  téléphoné  à  7 h du  matin  à  Kaolack  pour  me  dire,  « il faut  que  tu interviennes  pour   que  Moustapha  nous  donne  ceci  au  cela »,  je  suis intervenu et 2 h après il m'a rappeler pour me remercier. Nous retenons ces moments  pathétiques  que nous avons  vécus. Enfin il s'agit d'une situation grave   parce  qu'il  s'agit  de  plusieurs   milliards,   de  40  milliards,  de  46 milliards, les sommes  sont folles. On nous dit qu'initialement les chantiers étaient évalués  à 40 milliards, corrigés  à 22 milliards  soit une moins value de 18  milliards   en  valeur  absolue,   44,26% en  valeur relative,   une surfacturation  de  80 %   avec  des  violations  présumées   des  procédures administratives  c'est  inouïe. Nous devons  donc traiter un tel dossier  avec sérieux, avec  sérénité  pour  l'histoire.  Nous  devons  éviter  que le politique prenne  le pas  sur  le judiciaire,  sur  l'exécutif.  Nous  devons   éviter  que  le politique  prenne  le  pas  sur les  droits  de  M. IDRISSA  SECK.  C'est  une question de principe. C'est pour cela que nous avons  demandé  à disposer de tous  les  éléments  pour  fonder  notre  conviction  profonde.  Monsieur  le Ministre d'Etat nous a envoyé  une lettre dans laquelle il fait état, c'est son droit, de beaucoup  de chose, mais que nous n'avons  pu vérifier par nous même pour fonder notre propre conviction.

Mon  frère  le  Président   Doudou  WADE  nous  a  présenté   un  projet  de résolution  avec  des  chiffres  d'ailleurs  différents  de ceux  figurant  dans  la lettre du Ministre  d'Etat  sans que  nous  puissions  fonder  notre  conviction nous-mêmes.   Le  Sénégal  nous  écoute,  le  Sénégal  nous  attend,  nous n'avons  pas le droit   d'engager  ici des procédures  expéditives, d'engager des procédures  d'exception, nous n' avons pas le droit de fonder une justice à plusieurs vitesses, une  justice sélective  à géométrie variable pourquoi on nous impose une vitesse et une accélération  vertigineuses  à l'examen  des questions  si  graves  devant   conduire  tout  de  même  un  ancien  Premier Ministre devant  la Haute Cour de Justice ? Non.

Pouvons-nous   accepter   d'être  comptables   devant   l'histoire   d'une   telle procédure ? Non. Nous avons  demandé  et nous  demanderons encore,  le renvoi à au moins une semaine, de tout ceci pour : premièrement,  la mise à la disposition  de chaque  député du rapport  de l'IGE, nous  demandons  la mise à disposition de chaque député des rapports des experts, demandons la mise à la disposition de chaque député des rapports de contre expertise. Qui  dit  expertise,  dit  contre  expertise.  Vous  avez  demandé  à  entendre directement Madame Nafi NGOM KEÏTA  ici à la commission  des lois, pour qu'elle nous explique  ce qu'elle a mis dans son rapport. C'est  le droit des députés pour nous faire notre religeon. Nous voulons entendre directement Monsieur  Abdoulaye  DIOP pour nous faire une religion  sur les faits et les chiffres qui sont  dits ça et là. Nous voulons nous donner enfin le temps et les moyens  nécessaires  pour  fonder notre  propre  conviction,  sinon nous serons à côté de l'histoire. Monsieur le Président, nous avons souhaité que le dialogue  politique  prévale,  que le dialogue  politique  interparlementaire prévale,  tout  à  l'heure,  avec  le  Président  Ousmane  Tanor  DIENG  et  le Président  Doudou   WADE,  nous  avons  été  reçus  par  le  Président  de l'Assemblée  nationale  en présence  de Monsieur  Abdoulaye  BATHILY,  de Monsieur  Aliou DIA représentant  des non inscrits. Pourquoi? Nous avons voulu proposer un report de cette séance pour que tous les députés aient la possibilité  de se faire une religion  et soient  d'accord, que chaque  député soit en accord  avec  sa conscience.  Malheureusement, nous  n'avons  pas été suivis. Nous réitérons cette demande puisque l'affaire est grave. Même si depuis  quarante  ans, une telle affaire n'a pas été examinée  ici par les députés,  il  s'agit  quand  même  de  traduire  un  ancien  Premier  Ministre devant le Haute Cour de Justice, de traduire des ministres  devant la Haute Cour de Justice. Il faut que nous ayons les éléments qu'il faut pour cela, il faut aussi que nous  évitions  qu'on nous  accuse  d'être  sélectifs.  L'opinion publique attention, elle est très éclairée, elle nous écoute aujourd'hui. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie.

Informations de publication

Publié le : lun, 09/17/2018 - 10:42
Mise à jour le : lun, 09/17/2018 - 10:42
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